
10 septembre - Multiplions les groupes locaux !
12 August 2025 à 12h31
[Texte en format A5 page par page] [Texte en format brochure imprimable]
L’effervescence est-elle déjà retombée ? L’appel du 10 septembre est arrivé comme un don du ciel : une chance nous est donnée de répliquer face aux attaques sans retenue du gouvernement. Et ça s’organise immédiatement. Tout le monde s’est rué sur les conversations telegram officielles et a constaté leur nombre massif de membres. Mais c’est là que les problèmes commencent…
On peut voir les milliers de messages qui ont précédé notre arrivée, déjà on se sent largué. Il y a des gens qui prennent beaucoup de place dans la conversation, ils sont plutôt polis, mais peut-on leur faire confiance ? Les débats sont intéressants mais on ne peut s’empêcher d’avoir un goût amer en bouche : on croyait avoir une occasion de reprendre prise sur les choses mais on a le sentiment de nous l’avoir repris immédiatement, déjà confisqué. Peu à peu ça se calme sur les convs, on comprend vite que ça rime à pas grand chose de s’agiter ici et que ça se jouera surtout aux réunions physiques, mais le mal est déjà fait. À ces réunions se retrouvent la petite fraction de survivant.e.s de l’écrémage dissuasif des convs telegram, dont une large majorité de militant.e.s pro, est-ce si surprenant ? Ce mode d’organisation centralisé est parfait pour la récupération.
Il serait naïf de penser que la majorité manquante va spontanément s’organiser en prévision du 10 septembre. Au mieux on peut espérer qu’une poignée lance quelques initiatives, et que le reste rejoigne les actions prévues par les grandes assemblées issues de telegram. Comment relancer cette part manquante ?
Pour nous il n’y a qu’une solution : multiplier les groupes locaux. Il faut des groupes de taille humaine, où chacun.e peut trouver sa place, apprendre à s’organiser, s’autonomiser, lancer des actions et diffuser l’initiative. Cette forme présente tout un tas d’avantages :
- Des groupes plus restreints en taille sont de meilleurs espaces pour se rencontrer, gagner confiance en les autres et en soi, et reprendre peu à peu prise sur le politique et notre existence.
- Un groupe local peut être le groupe d’un quartier, immeuble, entreprise, filière, complexe sportif, … et ainsi inviter à l’organisation par un lien plus direct, plus chargé de sens que des convs telegram découpées au couteau.
- D’un point de vue “tactique” une multiplicité de groupes locaux et d’actions sature beaucoup plus vite les capacités de répression (et de récupération) qu’une grande assemblée qui concentre l’effort en un ou quelques points (comme une manif unitaire ou un blocage de périph en 2-3 points stratégiques).
- L’étendue du mouvement est moins mesurable, et cela rend plus difficile l’identification de figures organisatrices.
- Multiplicité ne veut pas dire éclatement. Ces groupes auront sans doute envie de rencontrer d’autres groupes proches pour s’échanger des savoirs, débattre de perspectives stratégiques et organiser des actions en commun.
- Tout ce réseau de groupes pourra demeurer après le 10 septembre et même après le mouvement, poursuivre la rencontre et l’organisation, et se remobiliser lors de prochains mouvements.
Cela ne veut pas dire qu’il faille abandonner la forme assemblée pour les groupes locaux. Ces deux formes s’empuissantent l’une l’autre. Les assemblées demeurent utiles pour que les groupes se rencontrent et organisent ensemble des actions ambitieuses qui ne seraient pas possibles isolément. Les groupes nourissent les assemblées, qui seront d’autant plus puissantes qu’investies par des gens ayant déjà entamé des réflexions et taté le terrain de leur côté.
Bien sûr cette idée n’a rien de neuf et des groupes locaux se sont déjà constitués, mais nous sommes encore loin d’une mobilisation totale, et les grandes convs telegram capturent et brident toujours une bonne part de l’initiative.
Dans ce contexte, un tract a été créé pour faciliter la création de groupes. Le principe est simple, sur le tract figurent un appel à s’organiser pour le 10 septembre et 2 tutos : pour rejoindre et créer un groupe. Le tract est accessible sur un drive et personnalisable1. On peut y mettre le lien de notre propre groupe (un QR code qui permet de rejoindre une conversation signal ou telegram) et faire figurer un appel à réunion publique si on le souhaite. Chaque tract est ainsi une invitation à rejoindre un groupe et une invitation à en créer un.
À l’adresse des habitué.e.s de la lutte : Saisissons cette opportunité de nous ouvrir vers l’extérieur. Plutôt que de rester reclus.es dans nos groupes respectifs, participons à cette floraison de groupes locaux, mais ne monopolisons pas l’espace. Laissons de la place aux gens pour donner leur avis, participer, apprendre et s’autonomiser. Empuissantons les gens pour qu’ils se sentent capables de lancer leur propre groupe et de nouvelles dynamiques, sans avoir besoin de nous. Nous pourrions être également surpris.e.s de leur initiative et finalement avoir plus à y apprendre qu’à leur apprendre.
Lien du drive : https://urls.fr/xcVD4b ou via https://loireatlantique.org/Documents/Ressources ↩︎